lundi , 22 juillet 2019

Interview Christophe Collet, S4M

Connaissez-vous l’outil d’adserving et de tracking mobile Sam4mobile, S4M? L’outil a été développé par une équipe de vétérans du mobile et sort aujourd’hui sa V2 permettant le tracking post installations. C’est l’occasion de rencontrer son fondateur, Christophe Collet.

Une équipe de vétérans du mobile

Christophe_Collet_S4MS4M a été lancé fin 2011 par une équipe expérimentée du mobile. « J’ai eu la chance de faire à peu près tous les métiers du mobile depuis un peu moins de 10 ans » me dit d’emblée Christophe Collet le CEO de S4M. Lancement d’un service mobile pour le compte d’SFR dès 2004, gain du budget L’Oréal dès le lancement de son agence Followcom en 2005. L’agence fusionne avec Cellcast Interactive pour devenir SBW en 2007 et l’équipe développe l’un des touts premiers adservers publicitaires pour le compte de Bouygues Telecom. Ses activités vont alors du développement d’actifs mobile à la monétisation et à la gestion des campagnes médias mobile. Suite à une levée de fonds importante de $26M alors qu’il est DG d’Adenyo en 2010, il décide de quitter le navire après le rachat par l’américain Motricity. Ce serial entrepreneur lance les bases de ce qui va devenir l’outil Sam4Mobile fin 2011. Cette expérience du mobile et la très bonne connaissance de l’éco-système français du mobile sont les deux facteurs de réussite de ce lancement qui vient combler un vide, la mesure d’efficacité des campagnes mobiles. Plus de 1 000 campagnes ont à ce jour été adservées et trackées par S4M et l’outil a une part de marché de 80% auprès des agences médias implantées en France. Les bureaux londoniens et new-yorkais ont été ouverts en avril dernier afin d’assurer le déploiement international dans ces marchés clés.

S4M - mobile adserving and tracking solution

A quel problème répond S4M?

Christophe Collet : Il faut 3 minutes pour lancer une campagne de 100K€ en TV, il faut 3 semaines sur le mobile. Les annonceurs ont besoin qu’on leur parle le même langage que sur le web, clics, leads, vente, peu importe les contraintes techniques. S4M apporte la visibilité nécessaire aux agences et à leurs clients afin de s’assurer de la bonne livraison des campagnes achetées aux régies (Adserving des impressions et des clics) mais aussi de mesurer la performance (installations, in-app actions, lead…).

C’est l’annonce faite le 17 juin par un communiqué de presse qui précise :

  • « La nouvelle version de S4M permet désormais de suivre le parcours du mobinaute après le téléchargement d’une application ».
  • « Cette nouvelle version introduit un SDK qui permet de simplifier la mise en ligne des campagnes au téléchargement ».

S4M propose un SDK unique aux annonceurs. S4M lance un nouveau logiciel de développement en kit (SDK) pour les applications des annonceurs. Il leur permet de suivre les actions post téléchargement sur tous les réseaux de publicité connectés et certifiés avec S4M. L’implémentation de ce SDK est facile à mettre en œuvre et simplifie les problématiques des annonceurs en les dispensant d’installer une multitude de SDK par Régies

S4M product tracking adserving mobile advertising

Comment se positionne S4M?

Christophe Collet : S4M est clairement un outil fait pour les agences. Bien sûr, nous avons certains annonceurs importants qui ont internalisé leur achat mobile et qui utilisent notre outil mais nous nous sommes très tôt implantés du côté des agences. C’est là où le besoin était le plus clair pour aider au décollage de ce marché. L’univers concurrentiel du produit est celui des adservers coté demande comme DFA (Doubleclick for Advertisers) et Mediamind. Côté mobile, il y a beaucoup d’acteurs mais en fait il n’y a personne. Aucun outil ne répond vraiment de manière satisfaisante aux besoins d’un acheteur média mobile, adserving et tracking web mobile et apps. S4M est connecté aujourd’hui à la plupart des régies mobiles : Google Admob, Microsoft, Yahoo, Millenialmedia, Inmobi, Orange, Adfonic, MBrand3, Mobvalue, m-perf, Ad4Screen, Hi-Media, Lagardère, Horyzon media, SFR, Misterbell, TF1, Yoc… Le mobile est un cousin du web mais ce n’est pas le web, il y a beaucoup de spécificités à prendre en compte et il y a nécessité aujourd’hui à des acteurs et des outils spécifiques aux campagnes mobile.

Le marché français de la publicité mobile est-il en retard?

Christophe Collet : Je ne pense pas. Si on regarde la part du budget dédié au mobile en proportion, le marché français est dans la moyenne. Certes les marchés US, UK, DE et FR sont très différents en taille de marché publicitaire. Par ailleurs, il faut comparer ce qui est comparable, est-ce qu’on parle de budget net ou brut? Est-ce que les chiffres incluent le business des applications? Autant de questions à se poser quand on regarde les chiffres de ce marché. De plus, si on regarde l’évolution du marché français entre 2011 et 2012, en enlevant par exemple le budget de Zaoza qui dépensait beaucoup, on constate une évolution de 100% cette année-la. Si retard il y a, on en cherche effectivement les raisons, je vois trois facteurs :

  • Le déficit d’actifs côté annonceurs (plus de 70% d’entre eux n’ont toujours pas de sites optimisés mobile ou d’application)
  • Le déficit d’expertise du côté des agences en général
  • Le manque de standards mobile et l’hétérogénéité des formats

Des organismes comme l’IAB ont leur rôle à jouer, or il y a beaucoup à faire sur le web, c’est la première fois depuis 15 ans que le display est en recul. Il faut sauver le soldat web comme je m’amuse à le dire, ce qui ne permet pas de mettre les efforts nécessaires pour aider le décollage du mobile. Concernant les agences, il est intéressant de voir que ce sont les annonceurs qui se sont staffés en premier. Ceci étant la plupart des grosses agences ont désormais monté des équipes dédiées au mobile.

L’année du mobile sera en 2015

Christophe Collet : Un marché se construit en 7 ans, le web n’a décollé vraiment qu’en 2005 avec l’arrivée du haut débit. L’année de départ du mobile n’est pas 2007 mais 2008, avec la sortie de l’iPhone 3G, l’année où le grand public a compris que l’on pouvait se connecter à Internet depuis un mobile, cela fait donc que 5 ans. Le marché décollera vraiment selon moi en 2015. La 4G sera déployée, le site mobile sera la 1ère boutique en termes de CA chez les marchands, comme c’est le cas aujourd’hui pour les sites web e-commerce. Il est clair qu’aujourd’hui il y a plus d’offre que de demande, les gros éditeurs ont donc bradé leur inventaire pour faire du chiffre d’affaires. Par conséquent, le mobile est aujourd’hui le média le plus compétitif avec lequel un annonceur peut toucher 80% de sa cible avec seulement 300K€.

Et vous, quel outil utilisez-vous aujourd’hui pour vos campagnes mobile?

Suivez l’actualité de S4M sur Twitter : @S4Mobile

ndlr : à lire également, la tribune de Christophe sur le site Viuz.com, en mars 2014.

Vincent Tessier

A propos de Vincent Tessier

Vincent Tessier
VP Demand Partnerships chez adsquare, Audience Management Platform pour mobile. Diplômé de l'ISC Paris et du MBA MCI de l'ILV. Co-fondateur des afterworks MobileDrinks.fr et co-organisateur des conférences AppDays 2015.

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