mercredi , 20 novembre 2019

Interview Richard Firminger MD EU Flurry

Selon moi, Flurry est le Google analytics du mobile. Fondée en 2005, la société propose gratuitement un outil d’analytics à tous les développeurs d’applications mobile. Intégré dans plus de 350 000 applications, Flurry a probablement le plus de donnéesmobile que n’importe quel acteur sur le marché et commence à en tirer les bénéfices. Le lancement de leur place de marché RTB a été un évènement marquant de l’année 2013. J’ai eu le plaisir d’interviewer Richard Firminger, Managing Director Europe depuis 2 ans et demi, un vétéran du web ayant travaillé pour Adlink, Yahoo et Amazon.

Interview audio réalisée le mercredi 11 Septembre 2013 :

1. Pouvez-vous présenter Flurry?

Notre mission est d’améliorer l’expérience mobile des utilisateurs, notre champ d’action historique est l’analytics. Nous proposons un outil analytics pour les applications mobiles, qui est aujourd’hui l’outil le plus utilisé du marché, avec plus de 350 000 apps d’environ 100 000 sociétés qui utilisent notre solution. Nous analysons les données de plus d’un milliard de smartphones par mois. Nous proposons 3 produits supplémentaires :

  • Appcircle : lancé il y a 3 ans, il s’agit d’un adnetwork, nous proposons du CPI, CPC et CPV (cost per completed video view)
  • Appspot : un adserver éditeur qui permet la gestion de ses campagnes direct, de la médiation et la vente de ses espaces publicitaires en RTB.
  • Flurry Marketplace : lancé ce mois-ci, il s’agit d’un adexchange publicitaire mobile.

Nous analysons plus de données mobiles et tracking plus de profils utilisateurs que n’importe qui dans notre industrie. Avec le lancement de notre adexchange nous croyons profondément apporter une grande valeur ajoutée à tout l’éco-système.

2. Le secteur du mobile commence a être encombré avec beaucoup de start-up, qu’est ce qui fait la particularité de Flurry?

Flurry_RichardFirminger_MD-Europe

Je ne dirais pas que le mobile est un secteur avec beaucoup d’acteurs. J’ai eu la change de participer aux lancements de la publicité sur le mobile et il y avait à l’époque environ 500 acteurs, sur le mobile aujourd’hui j’en vois une cinquantaine d’acteurs d’importance seulement. Notre différenciation est clairement la donnée, cela nous a pris 5 ans pour devenir l’outil analytics pour développeur mobile le plus utilisé du marché. Nous ne sommes qu’au début de l’exploitation de cet avantage compétitif au sein de nos différents produits. La barrière à l’entrée pour intégrer votre SDK dans plus de 350 apps et gérer ces données en terme de capacité serveur est élevée en termes de couts et de temps. C’est désormais un atout important pour apporter un meilleur service à nos éditeurs, les aider à mieux monétiser leur audience et également à aider les annonceurs à mieux toucher leur cible. Je pense qu’aucun acteur sur le marché peut reproduire aujourd’hui ce que Flurry a fait ces dernières années.

3. Quel est votre business model? Qui des éditeurs ou des annonceurs facturez-vous?

Appspot, notre adseveur éditeurs est un SSP et nous encouragons nos éditeurs à vendre directement leur inventaire dans notre outil. Avec notre marketplace, nous allons aider les DSP à mieux acheter. Nous pensons que notre données est de qualité et aidera les budgets branding à investir plus dans le mobile. Nous pensons qu’un des facteurs qui a ralenti les investissements a été l’incapacité pour ces acteurs de toucher leur cible efficacement. Flurry souhaite travailler avec des éditeurs pure players comme Rovio, Outfit7, Halfbrick mais également avec Skype, The Guardian, Shazam, pour les aider à être plus efficace.

4. Vous proposez une solution de tracking, avez-vous développé votre propre solution de fingerprinting? Comment voyez vous le marché du tracking avec des solutions comme Has Offers, AdX, Appsflyer, Adeven?

C’est un marché très intéressant. Flurry est une entreprise orientée data, nous aimons les outils et les techno qui permettent aux annonceurs d’être meilleurs. Tous ces outils, tout comme Flurry, essaient de rendre la publicité mobile plus une science qu’un art. Le fait que Criteo rachète Adx est intéressant, ils souhaitent probablement créer une signature entre la connexion web et le mobile web et l’applicatif. Nous savons que 80% de l’accès au contenu se fait par les applications. Par conséquent, savoir ce qui fonctionne en terme de publicité au sein d’une app intéresse la plupart des annonceurs de part le monde, que vous soyez Groupon, King.com, Supercell ou Wonga. UAA (User Acquisition Analytics) est un outil gratuit, il fait partie de notre suite analytics, de notre SDK. Il a été lancé au début de l’année et son adoption a été très rapide. Plus il y a d’outil à disposition des annonceurs et des agences pour les aider à mieux gérer leur campagne et à dépenser plus est une bonne chose. Si l’on regarde pas plus tard qu’il y a un an, la plupart des annonceurs dépensaient beaucoup sans vraiment connaître les performances de leurs campagnes, ceci est désormais terminé.

5. Quel est l’équilibre de vos revenus entre les développeurs d’app et les agences médias?

Les agences ne représentent que 20% de nos revenus à date, mais c’est notre source de CA en plus forte croissance. Avant 2013, si vous n’aviez pas une app à promouvoir, les possibilités de collaboration avec Flurry étaient limitées. Aujourd’hui, nous faisons du CPC, nous travaillons le web mobile également, proposons de la vidéo, du rich media. Nous avons donc aujourd’hui les produits pour adresser tout le scope du mobile et sommes capables de travailler avec les agences mobile sur des campagnes de branding. Nous avons également une équipe dédiée à Londres pour adresser les agences européennes. J’ai passé les 20 dernières années à travailler avec Havas, WPP, Aegis et Omnicom, et depuis 2 ans et demi dans le cadre de mes responsabilités pour Flurry, nos produits sont désormais connus et nous avons lancé des campagnes avec nos partenaires agences pour GSK, Sky sport, Pepsi Cola…ce qui est très encourageant.

7. Flurry propose un outil gratuit, que répondez vous aux éditeurs qui se posent la question du coût caché ou qui imagine que Flurry utilise les données à leurs insu?

Flurry propose un outil qui est au coeur de l’activité des développeurs, l’analyse de l’audience en vue d’améliorer l’expérience utilisateur. Les données que nous récupérons de chaque développeurs d’appli nous permettent par exemple de proposer un outil de benchmark. Où se situe votre apps en terme de performance par rapport à l’ensemble de votre catégorie d’app? L’outil permet de mesurer des KPIs comme la session, la fréquence, la rétention et de se comparer avec la moyenne de sa catégorie. Nous mesurons également l’audience par age et par genre, ce qui permet de découvrir que si vous avez développé une app pour de jeunes mâles, vous découvriez peut être qu’elle est utilisé par des femmes de 30 à 40 ans. Cela permet de sortir des idées préconçues. Tout développeur qui utilise notre outil d’analytics peut intégrer notre réseau publicitaire et ainsi monétiser son app. Par conséquent, nous sommes mieux placés que n’importe qui pour exploiter ces données et monétiser au mieux l’audience. De la même manière, n’importe quel développeurs qui utilise notre outil, peut devenir annonceur sur notre réseau. Je pense vraiment que notre valeur ajoutée est importante avec un outil que d’autres vous facturerait peut être 10 000€ ou peut être plus.

8.Vous avez lancé en avril dernier votre marketplace RTB, qu’en est-il?

Nous sommes en fait en béta depuis avril, la solution n’était accessible qu’auprès d’une trentaine éditeurs en béta, sur invitation seulement. Nous avons désormais 12 DSP et lançons la plateforme publique ce mois-ci. Ce que nous faisons en fait, c’est de scaler les données que nous avons en les rendant accessible à tout le marché en proposant pour chaque impression les données comme l’âge, le genre. Mais plus important encore, la demande n’a pas a payé un prix premium pour avoir accès à cette data. Chaque impression ne vaut pas la même chose, mais avec la donnée Flurry vous savez quels utilisateurs vous ciblez et pouvez ainsi proposer un prix en fonction. Si vous êtes une compagnie aérienne et souhaitez toucher les voyageurs fréquents, nous savons qui sont ces utilisateurs par le temps qu’ils passent sur les apps concernées (applis de réservation d’hôtel, de conversion de monnaie, applis de location de voiture…). Nous en sommes qu’au début de ce que nous pensons pouvoir apporter au marché.

Flurry marketplace - RTB auction per persona

9. Que pensez-vous du marché français?

L’Europe en général connait un grand dynamisme en termes d’innovation, avec des sociétés comme Zeptolab, Rovio, Gameloft. Shazam a commencé au UK. De grands studios confient leurs licences à de jeunes start-up mobile et c’est à mon sens un signe très encourageant. Sur la france particulièrement, il semble que les français sont très attaché au freemium, c’est-à-dire qu’ils sont les moins enclins à payer pour du contenus. Il peut y avoir ici des opportunités ratés avec des développeurs qui proposent leur contenu uniquement en premium. J’aimerai voir le prochain Supercell ou Spotify venir de France, il y a beaucoup d’acteurs et d’entrepreneurs de qualité.

10. MoPub s’est fait récemment racheté par Twitter, qu’en pensez-vous?

MoPub a prouvé qu’ils étaient une plateforme importante qui a su aider les développeurs à monétiser au mieux leur audience, via le RTB ou la médiation. Je pense néanmoins que Twitter est intéressé pour utiliser MoPub pour ses propres besoins. Si j’étais un éditeur client de MoPub, je m’interrogerai sur l’avenir de ma collaboration. Je ne pense pas que Twitter va investir beaucoup dans le support des éditeurs tiers, mais qu’ils sont beaucoup plus intéressés par utiliser la technologie à leurs propres fins.

Pour suivre Flurry sur Twitter, @FlurryMobile, et Richard Friminger, @rfirminger.

Le blog de Flurry propose régulièrement des analyses très intéressantes sur le comportement des utilisateurs sur les apps mobile.

 

 

A propos de Vincent Tessier

Vincent Tessier
VP Demand Partnerships chez adsquare, Audience Management Platform pour mobile. Diplômé de l'ISC Paris et du MBA MCI de l'ILV. Co-fondateur des afterworks MobileDrinks.fr et co-organisateur des conférences AppDays 2015.

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