mercredi , 20 novembre 2019

Interview de Christopher Caussin, Sociomantic

Vous connaissez surement Sociomantic, qui a prit le créneau du retargeting dès son lancement et a su y faire sa place avec succès, notamment en France. Ce que vous savez peut-être moins c’est que depuis 6 mois, la société a travaillé sur un produit mobile innovant. Depuis l’été dernier, les premiers tests sur ce produit ont été mené et c’est en décembre que l’entreprise a annoncé via un communiqué de presse le succès de son produit, avec son client Rakuten. C’est l’occasion de rencontrer Christopher Caussin, DG Europe du Sud depuis 2011 (ex-Best of Media, Kelkoo, Yahoo).

1/ Pouvez-vous présenter Sociomantic, créé il y a seulement 5 ans à Berlin?

Christopher Caussin - SociomanticSociomantic a effectivement vu le jour en 2009 à Berlin : les fondateurs sont 3 amis, dont 2 se sont rencontrés chez Zanox le leader européen de l’affiliation. Diplômés en Computer Science et en Economie, ils ont eux-mêmes développé l’algorithme et la technologie propriétaires de Sociomantic. Toutes les nouvelles solutions continuent d’ailleurs d’être développées en interne au sein de notre Labs, qui représente 30% de nos effectifs.

Depuis ses débuts Sociomantic est une entreprise rentable et connaît l’une des croissances les plus rapides du marché. Nous avons aujourd’hui 165 collaborateurs et 15 bureaux à travers le monde, et comptons plus de 1.800 clients.

Sociomantic fournit aux e-commerçants une solution de CRM Display, c’est-à-dire de publicité display hyper-personnalisée enrichie par le CRM. L’intérêt est de reproduire online (sur le web comme sur mobile) l’expérience intuitive du magasin, en générant des bannières dynamiques en temps réel sur la base d’une multitude de variables : l’analyse des données de navigation de l’internaute, croisées avec les données CRM du e-commerçant, mais aussi ses données de catalogue. Comme un vendeur en magasin face à un client, la solution Sociomantic sait quel produit pousser pour être à la fois le plus pertinent pour l’internaute, et donc, le plus rentable pour le e-commerçant.

C’est pourquoi Sociomantic ne mesure pas son efficacité sur la base des clics sur les bannières mais garantit à ses clients plus de conversions et de ventes (modèle au CPA).

Quel que soit le device (desktop, tablette ou mobile – y compris iPhone) et quel que soit le type de campagne (retargeting, acquisition, fidélisation), les publicités sont délivrées au bon moment et au bon endroit par rapport à l’intention d’achat du client.

2/ Que proposez-vous à vos clients sur le mobile ?

Les volumes de transactions réalisées sur mobile augmentent de mois en mois et nos clients sont demandeurs de solutions technologiques pour prolonger l’expérience de leurs clients hors PC.

L’important à retenir est de ne pas considérer le mobile comme un canal à part, qui nécessiterait une réflexion déconnectée des autres canaux. Car le parcours de l’internaute est homogène : il faut donc que la manière de le cibler soit cohérente d’un canal à l’autre. Les messages seront peut-être différents car l’intention d’achat n’est pas la même le matin sur mobile et le soir sur tablette, mais ils doivent avoir une vraie cohérence pour être efficaces… et pour que le e-commerçant observe de vraies conversions.

Depuis l’été dernier, notre solution « Streaming CRM Mobile » permet d’afficher des bannières dynamiques en HTML5 sur l’ensemble des systèmes d’exploitation mobiles, dont iOS (iPad, iPhone), aussi bien à partir du navigateur web que d’une application. Nous bénéficions d’un avantage concurrentiel fort puisque nos clients peuvent ainsi toucher les utilisateurs d’iPhone qui représentent aujourd’hui les deux-tiers des mobile-shoppers et dépensent en moyenne 40% de plus. En outre, 80% du trafic sur mobile se fait via les applications.

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Description du produit « Streaming CRM for Mobile »
https://www.sociomantic.com/blog/2013/09/announcing-streaming-crm-for-mobile/

3/ Vos clients web sont-ils prêts aujourd’hui à déployer une stratégie d’acquisition mobile ?

Le marché français n’est peut-être pas aussi mûr que les marchés anglo-saxon ou asiatique, mais les e-commerçants français sont à la recherche de leviers de croissance, c’est d’ailleurs pourquoi ils sont de plus en plus nombreux à développer des sites mobiles et/ou des applications. Ils sont conscients que les usages mobiles ont changé, et que le parcours d’achat ne se fait plus que sur ordinateur. Pour toucher leurs clients au bon moment, ils ont compris l’importance d’une stratégie homogène entre les différents supports. Nous les accompagnons donc dans l’intégration de ce nouveau type de campagne,  pour optimiser leur stratégie multidevice.

Nous avons par exemple connu de beaux succès récemment chez le géant du e-commerce Rakuten ou avec le champion du retail textile aux Etats-Unis, Forever 21 (ndrl : voir article dédié sur adexchanger.com, en septembre 2013).

4/ Comment fonctionne votre tracking mobile ?

Nous utilisons toutes les solutions disponibles (IDFA pour IOs, Advertising ID pour Android…) et avons développé les outils nécessaires pour croiser les informations. L’enjeu essentiel est d’arriver à mener des campagnes multidevice pertinentes, en agrégeant les données afin de reconstituer correctement le profil des utilisateurs et leur servir les publicités vraiment pertinentes sur chaque device.

5/ Toute l’industrie travaille aujourd’hui au tracking cross-device, avez-vous trouvé une solution technologique sur ce sujet ?

C’est en effet l’objectif de tous les acteurs du marché. Certains ont fait des acquisitions pour arriver à appréhender le problème ou utilisent des technologies tierces. Dans notre cas, tout est propriétaire et nous sommes déjà en mesure d’effectuer un tracking multi-device. Sociomantic bénéficie d’un avantage compétitif certain dans la mesure où nous travaillons avec de nombreux grands acteurs du e-commerce, ce qui nous permet d’avoir accès à de nombreux profils et ainsi de faire des croisements pour identifier les utilisateurs d’un device à l’autre.

6/ Quels sont les bénéfices du RTB mobile pour un annonceur aujourd’hui, toucher une audience supplémentaire, profiter d’une faible saturation du média, faire baisser son coût d’acquisition global ?

Les bénéfices pour les annonceurs sont multiples en effet. Il s’agit avant tout de toucher une audience complémentaire (et non supplémentaire), c’est-à-dire de toucher les clients habituels mais dans un autre contexte, à un autre moment de la journée, où ils sont peut-être plus enclins à acheter. Prenons l’exemple du voyage : un internaute va chercher un vol ou un package pour ses vacances dans la journée sur son ordinateur, mais ne finalisera l’achat qu’une fois chez lui en famille, avec sa tablette. Cela marche aussi pour les ventes privées, qui souvent commencent tôt le matin, et où l’appareil que l’on a alors à disposition est plus probablement son smartphone ou sa tablette.

C’est également un espace qui est pour le moment moins « encombré » en termes de publicités, ce qui représente une véritable opportunité pour les annonceurs qui se lancent dès maintenant : ils profitent d’un taux d’attention plus élevé de la part des mobile-shoppers.

Nous observons en outre de très bon taux de clics, de très bons taux de transformation, souvent supérieurs à ceux observés sur les PC. A titre d’exemple, pour l’une de nos campagnes, le taux de conversion sur mobile a été de +16% par rapport au desktop.

7/ Où en est l’offre d’inventaire mobile RTB en Europe aujourd’hui ?

L’inventaire mobile en Europe est déjà bien développé et l’audience à toucher sur ce média est large. La plupart des SSP ont déjà intégré une offre mobile à leur inventaire. Pour certains d’entre eux, c’est même un enjeu stratégique. C’est le cas de Facebook, par exemple, qui compte 17 millions d’utilisateurs mobiles par mois en France, dont 2 millions se connectent exclusivement via leur smartphone.

8/ Vous avancez le chiffre de 30% des budgets RTB désormais attribué au mobile aux US, qu’en est-il en Europe et comment voyez-vous ce chiffre évoluer en 2014 ?

En France, nous sommes en phase de décollage mais la situation varie d’un annonceur à l’autre. Globalement on observe une vraie volonté d’y aller de la part de nos clients mais ils doivent encore faire l’effort d’identifier leurs données spécifiques au mobile. Cela suppose en particulier d’identifier dans les stats (analytics) de leur site, quelle est la part de leurs clients qui se connectent depuis un device mobile.

Nous verrons probablement les investissements croître très prochainement. Fin 2014, nous pensons que de nombreux annonceurs français consacreront au moins 30% de leur budget au mobile. Il est encore un peu tôt pour faire le même exercice de prospective pour l’Europe.

Retrouvez ci-dessous le CP officiel :

Sociomantic – Le retargeting mobile, 1er partenaire de Rakuten by Vincent Tessier

Plus d’information sur le site web de Sociomantic : www.sociomantic.fr

Sur twitter : @Sociomantic_FR

A propos de Vincent Tessier

Vincent Tessier
VP Demand Partnerships chez adsquare, Audience Management Platform pour mobile. Diplômé de l'ISC Paris et du MBA MCI de l'ILV. Co-fondateur des afterworks MobileDrinks.fr et co-organisateur des conférences AppDays 2015.

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2 commentaires

  1. Bonjour Vincent,

    Merci pour cette interview très complète sur ce thème passionnant du mobile et RTB.

    Sébastien

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