mercredi , 19 décembre 2018

Quelles sont les apps les plus rentables en 2014?

Le mobile est devenu le premier écran. L’audience a déjà basculé et le trafic sur mobile est déjà supérieur au trafic réalisé sur les PC fixes. Pour autant, qui monétise correctement son audience mobile? Quelque soit le business model, publicitaire ou in-ap purchase. Le marché fantasme beaucoup sur les revenus générés par les « game developer », les résultats financiers des gros développeurs de jeux font régulièrement couler de l’encre. On dit depuis peu que le secteur du gaming est désormais plus important que Hollywood approchant les 100 milliards de dollars de revenus d’ici 2017 (gamesindustry.biz). Par ailleurs, toutes les régies se demandent qui sont les plus gros « ad spenders » (dépensiers), c’est bien sûr pour une large partie les game developers, donc comprendre qui gagne de l’argent permet de savoir qui est capable d’investir massivement en acquisition. Pour répondre à cette question, je vous propose de découvrir le TOP réalisé par App Annie. Mais avant, parlons un peu de la guerre que se sont livrée les géants du gaming du moment lors du Superbowl.

1/ Le gaming dans la cours des grands

Depuis quelques années déjà on voit des pub à la TV pour des apps. Cela semblait incongru il y a quelques années, à savoir qu’on pouvait facilement se dire « mais comment gagnent-ils de l’argent ces gens-là avec des jeux gratuits », ou bien « mais jusqu’à quand vont-ils cramer l’argent des VCs ». Or, en 2015, plus personne ne se pose plus la question, alors même que ce secteur attaque le sacro saint slot publicitaire TV du SuperBowl. S’il y a un événement qui permet de mesurer ce qu’il se passe en termes de dynamique sectorielle, c’est bien celui-là (voir l’article « One Nerd to Rule them all » sur bloomberg.com). La finale de Foot US est toujours un showcase géant en termes de créa et l’occasion pour les marques de montrer les gros bras. Or la dernière édition qui a eu lieu début février 2015 a encore une fois eu son lot de cas intéressants, notamment venant du mobile. 2 géants du gaming se sont confrontés, 4 à 9 millions de dollars pour quelques secondes durant le SuperBowl.

machine zone Gabriel Leydon
Gabriel Leydon, CEO et co-fondateur de Machine Zone

Game of War n’a toujours par rattrapé Clash of Clans mais après la guerre publicitaire que se sont menée les deux géants du mobile, Game of War est passé devant son rival l’espace de quelques heures. La campagne de plusieurs semaines lui a tout de même coûté au total $40M…Un 3ème éditeur a également été présent lors du SuperBowl, Heroes Charge de UCool. Il est loin le temps où l’on considérait ces jeux de petits amusements pour geeks, sans grand intérêts. La qualité graphique des jeux sur mobile est désormais très bonne et leur cible plus grand public que les jeux pour consoles en a fait un business dépassant l’industrie du cinéma Hollywoodienne. Le modèle freemium se base sur l’idée que le jeu est gratuit d’accès mais qu’une poignée d’utilisateurs seront enclin à payer au sein du jeu et financeront l’intégralité du jeu et de sa maintenance. Un belge de 15 ans aurait dépensé 37K€ au sein d’un seul jeu…avec la CB de sa mère (Oct 2014, source Het Nieuwsblad).

  • Zynga était évalué à 7 milliards lors de son introduction en bourse en 2011, la start-up n’a pourtant pas réussi à réaliser plusieurs hits de suite et à même dû effectuer une vague de licenciement, ce qui a depuis fortement fait baisser sa valo.
  • Supercell (Studio Finlandais) à 3 milliards quand SoftBank a pris le contrôle en 2013 de 51% de la start-up.
  • King (Irlandais) était évalué à 7 milliards lors de son introduction en bourse en mars 2014.
  • L’éditeur de Minecraft, Mojang (Suédois) a été racheté à une valorisation de 2,5 milliards en septembre 2014.
  • La dernière levée de Machine Zone (seul Américain) a évalué la start-up à 3 milliards en 2014.

Il faut néanmoins mettre ces évaluations en perspective. Le mobile a généré un total d’exit (IPO et M&A) de 94 milliards en 2014 (source : Techcrunch / Digi-Capital). Le TOP 32 des properties mobile est évalué au total à 163 milliards de dollars et le gaming n’est pas le premier en termes de secteur mais est largement représenté :

digi capital valuation 2014

En termes de CA, King a réalisé $1,8 milliards en 2013, Supercell $892M et Mojang $325M en 2013 également.

Machine Zone quant à lui a désormais passé la barre symbolique du million de dollars réalisé par jour. 3% de sa base utilisateur dépense de l’argent au sein de l’app. En termes de produit, il semble que le volet social du jeu soit une des clés de son succès. Game of War utilise Google translate pour permettre à tous les joueurs de part le monde de communiquer facilement, ceci étant complété par une traduction également basée sur le crowdsourcing. Le jeu peut accueillir 3 millions de joueurs simultanément. Le CEO Leydon dit lui-même « Game of War est plus proche d’un réseau social que d’un jeu dans sa conception et son back-end ». Machine Zone envisage même de vendre sa technologie et son savoir faire en termes de traduction à d’autres entreprises, sortant ainsi son entreprise du seul business d’édition de jeux.

On a souvent comparé King à Zynga pour montrer que les jeux mobile n’étaient qu’une autre bulle et que cela n’allait pas durer. Or les modèles sont différents, il suffit de regarder les courbes de revenus pour s’en convaincre (source Benziga.com). Zynga ne s’avoue pas vaincu et s’apprête à lancer un jeu appelé « Dawn of Titans » pour concurrencer les jeunes pousses comme Machine Zone sur leur propre terrain.

king zynga revenue

La pub de Supercell pour Clash of Clans, avec Liam Neelson en guest star :

La publicité de Machine Zone pour le jeu Game of War avec Kate Upton en guest star :

2/ Top 2015 des apps les plus rentables par Appannie

Voici le haut du tableau, le TOP 20 du ranking publié par Appannie pour 2014 (Top complet en bas de l’article). A noter que la start-up se base bien sûr sur les data des deux app stores, iOS et Android, mais y ajoute ses propres redressements et calculs. Élément important à prendre en compte également, les revenus analysés sont uniquement les in-app purchases et non les revenus issus de la publicité. Nous avons seulement 15 Américains dans le TOP 52 alors que la part des éditeurs asiatiques continue d’augmenter jusqu’à 29 pour 2014. Tout de même 18 nouveaux entrants versus 2013, ce qui est important et prouve que les places ne sont jamais acquises pour toujours et que de nouveaux acteurs peuvent à tout moment émerger. En même temps, 4 des acteurs du TOP 5 restent au TOP en 2014 versus 2013.TOP-52-app-annie 2014

TOP 20 app rentables 2014On note bien sûr que nous avons qu’un seul Français présent dans le TOP, Gameloft, acteur historique et qui a su prendre le virage des apps. Social Point que j’avais eu le plaisir d’interviewer (Sylvain LeGrill) est n°49 alors que Rovio malgré sa très forte notoriété n’est que 42ème. Notre jeune pousse Machine Zone, qui joue de rivalité avec le numéro 1 Supercell n’est que 9ème…pour l’instant. On note également la présence de LINE, l’app de messagerie Japonaise bien connue, qui est désormais une vraie plateforme de distribution et d’e-commerce, d’où sa présence dans ce top de rentabilité.

TOP complet disponible ici, à suivre, le blog d’App Annie, toujours intéressant.

Pour creuser l’histoire des jeux vidéo, Blake Harris a publié un livre sur la guerre entre Nintendo et SEGA « Console Wars ».

Intéressant à regarder également, le TOP de Think Gaming :

top grossing appsÉvidemment, il faudrait arriver à ajouter à ces stats, les revenus venant de la publicité et par là même ajouter les marques médias afin d’avoir une vision plus juste des champions de la monétisation mobile.

En attendant, Digi-Capital estime le split suivant d’ici à 2017 :

digi capital internet mobile revenue forecast

  • $516 Milliards – Mobile commerce
  • $74 Milliards – Consumer apps
  • $53 Milliards – Enterprise mobility
  • $42 Milliards – Mobile ad spending
  • $11 Milliards — Wearables

A propos de Vincent Tessier

Vincent Tessier
VP Demand Partnerships chez adsquare, Audience Management Platform pour mobile. Diplômé de l'ISC Paris et du MBA MCI de l'ILV. Co-fondateur des afterworks MobileDrinks.fr et co-organisateur des conférences AppDays 2015.

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