samedi , 19 janvier 2019

Interview de Christian Louca, CEO de TAMOME

Il y a des acteurs qui font beaucoup de bruits, parfois pour de bonnes raisons et parfois pour rien. Et puis il y a en a d’autres, plus silencieux, qui travaillent dans l’ombre et taillent leur route. Tamome est de ceux la, crée en 2012 par des vétérans du mobile, la start-up s’est spécialisé dans l’achat programmatique mobile dès le début et a été profitable après ces 8 premiers mois d’activité. Christian Louca a travaillé dans le monde des opérateurs télécom, puis dans la division publicitaire de Nokia et a ensuite dirigé la filiale Anglais de YOC, agence et réseau publicitaire leader allemand. Autant dire qu’il connait son sujet. Cet acteur mobile manage service est peu connu en France, j’ai eu envie de lui donner la parole et d’en savoir plus sur sa vision du marché mobile.

logo TAMOME christian louca

1/Pouvez-vous présenter Tamome et le problème que vous vous proposer de résoudre?

Tamome est une plateforme mobile côté demande, avec des capacités d’achat en RTB et en non-RTB. Nous utilisons notre technologie propriétaire pour déployer les campagnes de nos clients en mode manage service sur de multiples sources de contacts et de régions. Nous créons des plan stratégiques et les exécutons. Nous optimisons les campagnes en temps réel sur les meilleurs emplacements afin d’atteindre les KPI de nos clients. Tamome résout le problème de l’inefficience historique des achats médias en raison d’une mauvaise gestion des campagnes en mode manuel. Nous faisons cela au travers des technologies avancée dans le domaine du programmatique, l’utilisation et l’interprétation de la donnée.

CEO-tamome-Christian Louca

2/Tu es dans l’industrie du mobile depuis de nombreuses années, comment vois-tu ce marché évoluer?

J’ai la chance en effet d’être impliqué dans l’industrie du mobile depuis longtemps et ai été le témoin d’importantes innovations. Le Mobile est un sujet large qui comporte de nombreuses dimensions. Les possibilités créatives de ce device sont bien plus large que mon domaine d’expertise. Concernant la publicité mobile,  les sujets qui occupent les comités de directions des acteurs en ce moment sont la donnée, le cross-device, le tracking et la consolidation des acteurs. Je vais tenter de les parcourir aussi simplement que possible afin d’être clair :

  • RTB : c’est clairement le futur du trading media. A titre de comparaison, il faut prendre pour exemple comment fonctionne les transactions sur les places de marché financières aujourd’hui. Nous avons plus que jamais besoin de transactions en temps réel afin de répondre aux besoins des acheteurs médias dans le monde qui ont besoin de résultats et comment on dit, at scale, c’est-à-dire sur d’importants volume d’achat. Cela nécessite l’automatisation des prises de décisions et de la donnée en amont pour pouvoir prendre ces décisions.
  • Data : sans donnée, il est impossible de comprendre ce que l’on fait et pourquoi on le fait. Ce n’est pas nouveau et c’est utilisé depuis le commencement. On apprend juste comment l’utiliser avec plus de détails et en plus grand volume. On apprend également à l’interpréter de la meilleur manière qui soit pour atteindre un objectif.
  • Cross-device : Je ne vois aucun futur au targeting cross-device. Je vois beaucoup d’investissements de VCs sur le sujet qui considère cela comme le grall de la publicité. Beaucoup de gens créer les conditions pour répondre à des intérêts et objectifs courts termes. La raison est qu’en tant qu’annonceurs, on a besoin de lisibilité et de mieux comprendre ce qu’il se passe sur plusieurs points de contacts. Ceci est normal et c’est un vrai besoin. Cependant, cela devient problématique quand un achat effectué sur un canal est en fait la résultante d’une publicité intervenu sur un autre canal. Bien que la publicité sur le canal mobile par exemple est ce qui a su convaincre le consommateur, il n’a pas converti sur le mobile en général en raison d’un tunnel de conversion non adapté et médiocre. Il va dont compléter son achat ultérieurement, sur le PC, d’où le besoin en effet de solution cross-device. Pour autant, je suis persuadé que dès que les annonceurs et e-marchands auront enfin mis en place des parcours aussi efficace que le 1-click paiement d’Amazon, tous les achats auront lieu sur le mobile ou les tablettes, rendant le besoin de solution cross-device nul.

La pénétration du mobile dépasse celle du desktop dans le monde, et cela est déjà le cas aux US depuis début 2014 (comScore). Les ventes de mobile et de tablettes ont déjà dépassé celles du desktop depuis 2011. Ce n’est qu’une question de temps.

Tamome Introduction 2015 from Christian Louca

3/Est-ce que les annonceurs ont encore des excuses de ne pas investir plus en mobile et d’offrir de bonnes expériences en mobile, que manque-t-il encore?

Il n’y a en effet aucune raison de ne pas investir plus en mobile aujourd’hui. Cependant, les annonceurs font tout de même face à l’adoption d’un nouveau canal qui ne faisait pas partie de leur infrastructure basée autour de l’internet fixe. Certains sont capables d’effectuer la transition plus rapidement que d’autres. Ceux qui n’ont pas de site marchands peuvent s’adapter rapidement, étant donné que ce n’est qu’une question de design et de contenu. Ceux qui ont un back-end important lié à l’internet fixe auront beaucoup plus de mal et de frais à pivoter, reverse engineer, reconstruire leur infrastructure. Les différentes couches présentes ne seront pas toutes compatibles avec du mobile, et cela pose problème, or on ne peut pas tout couper en un clin d’œil. Le challenge technique est bien ce qui en retient encore certains, mais cela ne s’arrête pas la. Il y a également un changement d’état d’esprit à opérer. Pour la plupart des employés des grosses structures, ils ont passé la majorité de leur carrière dans un monde régit par l’internet fixe. L’approche mobile et les challenges auquel cela confronte peuvent être difficile à surmonter. Or les gens n’aiment pas le changement,  mais le confort d’un environnement sécurisé et sans vagues. Le mobile est étranger à cela en tout point, et le personnel doit s’y adapter, à ce changement de culture. Cela veut dire que beaucoup de gens non expérimenté manage des changements importants, plus ou moins bien.

4/Les adnetworks sont encore prédominant dans le mobile, comment expliquer cela?

Vous trouvez? J’ai moi même managé et bâtit un des plus importants adnetworks en Europe, je connais donc bien le sujet. J’ai pu travailler sur les deux problématiques, branding et performance, au service des plus grands annonceurs. Cela se basait majoritairement sur le modèle manuel traditionnel, des vendeurs vendaient l’espace et des technologies servaient les publicités. Ce modèle est mourant, mais cela ne veut pas dire que les adnetworks sont morts. Ils se transforment pour devenir des sources d’inventaires, et la demande pivote sur des modèles DSP. Donc les adnetworks sont importants pour manager l’inventaire et servir les publicités, mais leur grandes menaces sont les SSP eux-même qui ont des relations directes avec les publishers également peuvent ainsi les court-circuiter.

5/Qui sont vos clients, annonceurs ou agences? Comment vous situez vous par rapport aux Trading desks des agences?

Nous travaillons aussi bien avec les agences que les annonceurs en direct. Nous sommes neutre quant à cette question.

TAMOME-UI

6/Quel partie de votre stack technologique est propriétaire à Tamome?

Le DSP Tamome et sa plateforme d’enchère en temps réel, le tracking, le front-en, le reporting et l’analytics sont propriétaires.

7/Est-ce que vous prenez le risque de l’achat à votre charge, c’est-à-dire acheter au CPM et vendre à vos clients de la performance?

Non.

8/Comment performe les campagnes d’app acquisition sur le canal RTB?

Je ne vois pas cela encore d’actualité.

9/ Quels sont vos plans de développement?

Nous investissons beaucoup sur le back-end, c’est-à-dire l’intégration avec les exchanges / SSP, le management de la base de donnée, le profiling d’audience, la segmentation, l’interprétation de la donnée et le reporting. Nous sommes également en train de construire des fonctionnalités spécifiques à certains secteurs d’activités. Il est également prévu de proposer une solution en Saas en plus de notre service entièrement géré par nos soins (manage).

Pour plus d’infos : tamome.co.uk

Twitter : @tamome

Ainsi que l’interview du co-founder et CTO, Jonathan Webb sur blog.up.co.

A propos de Vincent Tessier

Vincent Tessier
VP Demand Partnerships chez adsquare, Audience Management Platform pour mobile. Diplômé de l'ISC Paris et du MBA MCI de l'ILV. Co-fondateur des afterworks MobileDrinks.fr et co-organisateur des conférences AppDays 2015.

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